04/08/2009

Mont-Dauphin


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Située entre Briançon et Gap, la place forte de Mont-Dauphin fut construite par Vauban à la demande de Louis XIV, entre 1694 et 1704, suite à l'invasion du Haut-Dauphiné par le duc de Savoie en 1692.

Située à un emplacement stratégique, elle devait être un avant poste chargé de protéger le royaume de France d'une nouvelle invasion.

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Dissuasive avant tout, la place forte prouve son efficacité et ne reçoit le baptême du feu qu'au hasard d'une bombe italienne lâchée en 1940.

Sa visite la montre donc telle qu'elle a été conçue, avec ses bastions, ses bâtiments militaires mais aussi ses demeures civiles du XVIIème siècle qui témoignent des efforts de Vauban pour créer une ville dans ce cadre austère de la haute montagne.

Construit sur un promontoire rocheux aux parois abruptes, Mont-Dauphin est en effet situé entre le Parc national des Ecrins et le Parc régionale du Queyras.

Demi-lune d'Anjou.

L'accès à la place forte se fait par la demi-lune d'Anjou ou demi-lune d'entrée, traversée par le chemin d'accès qui passe devant le corps de garde, petit bâtiment précédé d'une galerie en bois qui abritait les opérations de contrôle du trafic.

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La porte de Briançon ou d'Eygliers.

La porte de Briançon s'élève au milieu de la courtine. On y accède par un pont qui traverse le vaste fossé. Deux pilastre doriques portent un entablement et un fronton pyramidal. Au-dessus de l'entrée, un tableau saillant en pierre aurait dû s'orner des armoiries royales. Le tablier du pont pouvait être remonté et se complétait par une lourde porte en chêne. On faisait aussi tomber une version améliorée de la herse complétée par une seconde porte.

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Pavillon de l'Horloge.

Le pavillon de l'Horloge était constitué au rez-de-chaussée par le corps de garde et une prison. A l'étgade se trouvaient les logements du capitaine des portes et des officiers. Au rez-de-chaussée, l'élargissement de l'espace d'entrée permettait les opérations de contrôle du corps de garde avant de pénétrer sur la place Vauban.

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Le Carrefour des Quatre-Coins

Au carrefour des Quatre-coins, on remarquera une fontaine et une mesure à grain. L'hiver est une saison particulièrement difficile à Mont-Dauphin, accompagnée souvent d'épaisses couches de neige. C'est la raison pour laquelle lesmaisons basses ont une solide structure en pierre de taille.

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Bastions et demi-lunes.

Les bastions, demi-lunes, glacis, et contrescarpes constituent un ensemble de défenses qui barrent l'éperon rocheux sur le front nord-est dirigé vers le village d'Eygliers. Dans le fossé, des escaliers en pas de souris étaient réservés dans la contrescarpe et donnaient accès au chemin couvert. Ils étaient prolongé jusque dans le fond du fossé par des escaliers en bois amovibles pour éviter l'entré de l'assaillant mais aussi éviter, la nuit, les inévitables désertions.

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Lunette d'Arçon.

Au XVIIIe siècle, les améliorations de l'artillerie imposent de projeter très en avant de la place les enceintes de sûreté.

Le Général d'Arçon propose en 1791 la réalisation de trois réduits (lunettes) et casemates à feux de revers. Un seul ensemble sera construit. Cet ouvrage ingénieux participe à la défense vers le plateau d'Eygliers et protège également l'arrière pour parer à une éventuelle manoeuvre de contournement. Un accès souterrain le relie au fossé de la fortification.

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Vallée de la Durance.

A l'autre extrémité du plateau, le pieds des murailles ouvrent des vues magnifiques vers la vallée de la Durance.

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Magasin à poudre.

Le magasin à poudre, d'une grande contenance, était initialement couvert par une toiture. Les murs très épais, la voûte en berceau brisé furent encore renforcés et recouverts de terre au XIXe siècle pour mettre le bâtiment à l'abri des bombes à l'efficacité accrue. Une petite citerne était prévue pour noyer le rez-de-chaussée en cas de début d'incendie.

La poudrière est plus haute que le modèle traditionnel. Afin d'augmenter sa capacité, elle est en effet divisée en deux étages par un plancher soutenu par des poteaux en bois.

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L'arsenal.

Le magasin d'artillerie ou arsenal, est un élément essentiel de la place forte car il sert à la fois d'entrepôt et d'atelier. Il n'en subsite aujourd'hui qu'une partie, construite en 1750. Il a fallu épauler les murs par d'importants contreforts extérieurs qui donnent un caractère de robustesse au bâtiment couvert d'une voûte en anse de panier entièrement réalisée en pierre de taille.

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Eglise Saint-Louis

Commencée en 1697, l'église St-Louis a été laissée inachevée. Le transept et la nef ont été démontés en 1880 pour établir des batteries d'artillerie. Il n'en subsiste aujourd'hui que le choeur construit dans les années 1715-1720. L'ampleur de l'édifice initialement prévu témoigne de la volonté initiale de peupler la ville. Du côté du chevet, le sommet de l'abside s'orne de pots à feu et la souche du clocher n'est plus qu'un triste témoins de la magnificence perdue de l'édifice.

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La Caserne Rochambeau

La caserne Rochambeau, édifiée en 1750, s'appuie sur l'enceinte et a une longueur totale de 260 mètres. Depuis 1784, un arc boutant retient l'angle du bâtiment qui commençait à déverser. Initialement couverte d'une terrasse, cette caserne manquait d'étanchéité et, en 1819, elle fut donc couverte d'une énorme charpente constituée uniquement de planchettes de 1,20 m et rapidement démontable en cas de siège pour éviter les incendies et blinder d'autres bâtiments. Les combles ainsi créés, complètement dégagés, peuvent servir de hangar, d'écurie ou de logement.

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Porte d'Embrun.

A côté de la caserne Rochambeau, la porte d'Embrun constituait la seconde entrée de la place forte. En contrebas, la demi-lune d'Orléans est restée inachevée.

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La vallée du Guil.

Des remparts, on découvre la vallée du Guil qui débouche du Queyras et s'approche de sa confluence avec la Durance ainsi que la plateau de Guillestre qui, fournissant des positions dominantes aux éventuels assaillants, représentait la principale.

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17:44 Écrit par Luckybiker dans Villes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vauban, queyras, briancon, mont-dauphin |  Facebook |

08/01/2008

Givet: le Mont d'Haurs


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Au XVIème siècle, la guerre fait rage entre la France et les Pays-Bas espagnols. Pour résister à Henry II qui occupe Mariembourg, Charles Quint construit la citadelle de Charlemont qui domine la ville de Givet.

Devenue française, la ville est fortifiée par Vauban qui décide de créer un camp retranché sur le Mont d’Haurs : situé de l’autre côté de la Meuse, celui-ci domine la citadelle et permettrait à l’ennemi de la bombarder. Il doit son nom aux liens pour les fagots que les paysans fabriquaient avec les branches de noisetiers qui poussent à cet endroit.

Le site est un plateau situé au centre du cercle formé par la ville et les villages de Givet, Fromelennes, Flohimont, Charnois et Rancennes.

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La forteresse de Charlemont vue depuis Givet Saint-Hilaire sur la rive droite de la Meuse.

Ce camp retranché pouvait contenir jusqu’à 20.000 hommes et 3.000 chevaux. Il fut ultérieurement occupé par l’armée de Napoléon en déroute après la bataille de Waterloo ainsi que pendant la guerre de 1914-1918 lorsque les Allemands bombardèrent la forteresse de Charlemont.

Aujourd’hui envahis par la végétation, les bastions et murailles de ces fortifications peuvent donner lieu à une promenade un peu sauvage d'environ 4 km. au cours de laquelle il est requis de rester prudent étant donné que le sentier balisé en jaune s’approche du bord instable des murailles. A l’occasion du tricentenaire de la mort de Vauban, c’est une excellente occasion de redécouvrir une partie de ses fortifications un peu oubliées. Pour de plus amples informations, consultez le site www.vauban2007.eu.

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Depuis la rive droite de la Meuse, d’où l’on découvre la plus belle vue sur la ville de Givet, monter jusqu’à la Tour Grégoire en suivant les panneaux. Les fondations de cette tour dateraient du 11e siècle. Point de vue sur Givet Notre-Dame et le fort de Charlemont de l’autre côté de la Meuse ainsi que sur Givet Saint-Hilaire.

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Derrière la Tour Grégoire, franchir les 20 mètres de roche en suivant le balisage, suivre le sentier puis emprunter le chemin à gauche en direction de l’émetteur de télévision. Sur la gauche, du haut des escarpements rocheux qui ferment le plateau, on découvre de belles vues sur Givet Saint-Hilaire.

 
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Pénétrer dans le bois à droite de l’antenne et, en suivant le balisage, poursuivre avec grande prudence au bord des fortifications.

Le sentier suit la couronne des fortifications composée de trois bastions dont les parements ont été démantelés pour en récupérer les belles pierres de parement.

 
Plus loin, on découvrira les vestiges de la porte aujourd’hui obturée des « Ecuries de Napoléon » qui donnait accès aux galeries de contre-mine.
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Après la porte des « Ecuries de Napoléon », descendre vers la droite jusqu’à la prairie d’où l’on découvre une belle vue panoramique sur Givet Saint-Hilaire dans l’axe de la vallée de la Meuse ainsi que sur le fort de Charlemont. Traverser la pâture le long de la haie à droite dans la direction indiquée par la pointe Est du fort de Charlemont.

 
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Après avoir traversé les pâtures, emprunter le chemin vers la gauche pour redescendre vers la vallée. On découvre d’ici un beau panorama sur la ville de Givet avec son église Saint-Hilaire (17e siècle) et le pont au-dessus de la Meuse.

 
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En redescendant vers la Meuse, on a une vue sur le versant du Fort de Charlemont où on devinera le tracé de la rampe de Rome qui grimpe des bords de la Meuse jusqu’à la Porte de Rome, l’une des trois entrées du fort.

De l’autre côté de la Meuse, on aperçoit la Tour Victoire qui constituait à l’origine le donjon seigneurial occupant l’angle de la ville moyenâgeuse. La tour date du 14e siècle pour sa partie inférieure en pierre et de la fin du 15e siècle pour sa partie supérieure en brique.

 
Avant de retourner jusqu’au quai de la Meuse, on ira jusqu’à la Porte de Rancenne, vestige de l’enceinte du Mont d’Haurs cédé par l’autorité militaire à la ville en 1893 et seule porte qui ait été respectée lors du démantèlement des fortifications de Givet.
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La grande couronne d’Haurs d’après un plan de Vauban daté de 1697. Les bastions sont de facture traditionnelle, à escarpe semi détachée, dotés de parapets et de banquettes, toujours de même épaisseur au sommet mais d’épaisseur variable à la base en fonction du relief et de la nature du rocher. Le fossé est l’élément principal qui permet la communication par des circulations voûtées entre le front principal et les avancées.

 

18:30 Écrit par Luckybiker dans Balades à pieds | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : givet, fortification, citadelle, vauban |  Facebook |